Elephanz – « LOVE.HURT.REPAT » : Notre Avis
Depuis leurs débuts à Nantes en 2008, les frères Jonathan et Maxime Verleysen n’ont jamais cessé de se réinventer. Du premier EP Ideal Roommates aux Transmusicales de Rennes, en passant par la nomination aux Victoires de la Musique 2014 pour Time For A Change et le single d’or Maryland, Elephanz a su imposer sa griffe dans un paysage pop français souvent frileux. Après un troisième album Rien de Personnel chanté entièrement en français, le duo nantais revient à ses premières amours avec ce quatrième opus Love.Hurt.Repeat, un disque anglophone qui sonne comme une réconciliation éclatante avec la pop colorée et dansante qui a fait leur réputation.

Dès Follow Your Love, le ton est donné. Elephanz nous embarque dans une pop pétillante sans jamais tomber dans la facilité. On secoue la tête, on tape du pied, et cette musique qui monte progressivement en puissance nous happe de sa légèreté de surface et de son côté dansant. Cultivant une approche simple sans être simpliste, le duo dessine une pop entrainante qui ne sacrifie jamais le fond sur l’autel du commerce. Vient ensuite That’s My Head, où les reverbs nous font penser aux titres de MGMT, dans un mélange électro-pop assez brutal qui se déploie sous nos yeux avec une science mélodique confondante. Un refrain addictif, une structure limpide : Elephanz transpire ici un talent qu’on ne soupçonnait pas encore sous cette forme. Le troisième titre, The Novel Of Our End, enfonce le clou dans un tout autre registre. Un passage rappé, un sentiment de démarrer un titre de Gorillaz, un refrain qui de suite apparaît comme un tube. Tournant, coloré et puissant, le morceau se termine dans une apothéose orchestrale superbement travaillée. Ces trois premiers titres mis bout à bout forment l’une des ouvertures d’album les plus réjouissantes de l’année.
Le milieu de l’album marque une légère inflexion. Mother, plus intimiste et plus mainstream, apparaît un cran en dessous de ses prédécesseurs. S’étalant sur quatre minutes dans une approche plus commerciale, le titre peine à convaincre totalement malgré une mélodie qui fonctionne plutôt bien. Superbement produit, il tire tout de même son épingle du jeu sans jamais s’imposer comme un moment fort. Mais dès I Don’t Wanna Know, les frères Verleysen retrouvent ce mélange bien dosé de pop et de rock proche d’une électro française qui fait leur sel. Dans un gimmick rappelant les meilleures heures de M83, ils prouvent leur capacité à multiplier les bonnes idées pour un résultat qui nous anime et nous emporte.
La fin de l’album confirme toute la cohérence d’un projet maîtrisé de bout en bout. My Feet On The Ground, Invisible et Streets Of Rage s’enchainent dans une pop pétillante à souhait, dansante et orchestrée avec soin, jamais mièvre ni rébarbative. On est transportés par cette légèreté pop qui donne à voir un groupe parfaitement dans ses baskets, capable de proposer une musique dans les canons du genre tout en gardant son identité intacte. In A Porcelain Shop maintient ce cap avec un petit quelque chose d’unique qui surprend à chaque écoute, avant que What Is Love ne vienne clore le tout en beauté, synthétisant avec élégance le style d’Elephanz entre électro malicieuse, harmonie addictive et pop dansante.
Avec Love.Hurt.Repeat, Elephanz signe un album solaire et généreux qui confirme, s’il le fallait encore, que les frères Verleysen figurent parmi les artisans les plus talentueux de la pop française actuelle. Fascinants dans leur capacité à transformer l’essai à chaque projet, ils touchent ici du doigt une haute couture très française dans l’approche, déployée avec une élégance folle dans chacun des dix titres de ce disque. Et en plus ils sont de vertaviens ! Parfaits jusqu’au bout !
Nos coups de coeur : FOLLOW YOUR LOVE, THAT’S IN MY HEAD, THE NOVEL OF OUR END, STREETS OF RAGE
Note : 9.6/10
Arnaud Le Tillau
arnaud.letillau@quai-baco.com




































Elephanz – « LOVE.HURT.REPAT » : Notre Avis
Edgär – « Behind The Wall » – Notre Avis
Red Money – « Days of Tomorrow » : Notre Avis
Leopold Riou – « Seven » : Notre Avis
Cachemire – « Suffit juste d’une seconde » : Notre avis
Feu! Chatterton – « Labyrinthe » : Notre Avis
Bruit ≤ – « The Age of Ephemerality »: Notre Avis
Andrea Laszlo De Simone – « Una Lunghissima Ombra »
27 Letters – « Projection »
BIRRD – « Take Off » : Notre Avis



/// COMMENTAIRES