Leopold Riou – « Seven » : Notre Avis
Avec ce premier EP intitulé Seven, Leopold Riou impose une signature sonore d’une maturité déconcertante. Loin des sentiers battus, l’artiste nous accueille avec une musique déconstruite où l’électro saturée flirte avec des rythmiques rap, notamment sur l’ouverture percutante de « Wtms ». Ce « bordel musical » parfaitement orchestré révèle un art consommé de la pop aux harmonies travaillées. Le français, qui officie également comme guitariste au sein de Matmatah, utilise son bagage d’ingénieur du son pour bâtir un univers où la rugosité des textures rencontre une fluidité mélodique addictive, capable de nous hérisser le poil dès le premier refrain.

La force de cet opus réside dans sa capacité à fusionner des genres apparemment inconciliables sans jamais paraître indigeste. Leopold Riou s’amuse des contrastes : il fait basculer ses morceaux d’une pop de stade à un rap US aux basses lourdes en un claquement de doigts, comme sur le titre « Lizzy« . Cette agilité se retrouve aussi dans son usage des langues, oscillant entre un anglais parfait et le français pour mieux nous enivrer. Sur « JcomprensR1« , il prouve que l’expérimentation peut rester terriblement dansante, occupant l’esprit avec des mélodies sinueuses qui transforment chaque titre en un terrain de jeu imprévisible.
Au-delà de l’électro et du rap, Seven puise sa richesse dans des racines parfois surprenantes. Riou n’hésite pas à convoquer ses origines bretonnes sur « Uli« , en mariant l’audace du biniou à des textures autotunées pour créer une folk moderne et mondialisée. Cette influence anglo-saxonne se fait d’autant plus ressentir sur des morceaux comme « ignored what« , qui capture la fraîcheur dynamique de la Brit Pop façon Blur ou Oasis. L’artiste parvient à chaque fois à retomber sur ses pattes, évitant les poncifs commerciaux pour offrir une musique colorée, à la fois ancrée dans une tradition et résolument tournée vers l’avenir.
Pour clore cette expérience, « Lennon » vient confirmer le talent d’orfèvre du musicien avec une atmosphère très Beatles-esque. Ce final, véritable chef-d’œuvre de folk expérimentale, enveloppe l’auditeur dans une mélodie à la puissance sous-jacente avant de le laisser avec une seule envie : réécouter l’EP en boucle. En sept titres, Leopold Riou réussit une prouesse de synthèse, imposant une œuvre unique et reconnaissable entre toutes. Seven n’est pas seulement une carte de visite, c’est l’affirmation d’un concepteur de génie dont le talent de compositeur n’a d’égal que sa précision technique.
Nos coups de coeur : JCOMPRENDSR1, LENNON, LIZZY
Note : 9.5/10
Arnaud Le Tillau
arnaud.letillau@quai-baco.com




































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