Edgär – « Behind The Wall » – Notre Avis
Formé en 2012 à Amiens, le duo Edgär — Antoine et Ronan — a tracé sa route avec une constance remarquable. Deux EPs (Persona en 2017, Walking Into Heaven en 2020), un premier album Secret en 2022 aux couleurs électro-pop, puis Edgär Is Dead en 2024 qui sonnait comme une véritable déclaration d’intention rock. Avec plus de 11 millions de streams cumulés et près de 300 concerts à leur actif — du Main Square Festival aux premières parties de Sting ou d’Alice Cooper — les Amiénois arrivent aujourd’hui avec Behind The Wall, leur troisième opus, fort d’une légitimité solidement construite sur les scènes hexagonales.

Et dès Enemy, la couleur est annoncée sans ambiguïté. Loin du vernis électro des premières heures, Edgär envoie des guitares tranchantes et une pop harmonique qui porte haut l’héritage rock du groupe. La patte est immédiate, reconnaissable : cette façon de couper l’air d’un riff, ce couplet travaillé brisé par un refrain qui fonce droit devant, comme sur Outside, où les doubles voix et les guitares puissantes nous emportent dans leur univers avec un soin particulier. On pense aux 90’s britanniques, à ce mélange très anglais d’harmoniques travaillées et de guitares saturées en multiples couches, sans jamais rien renier de leurs influences profondes.
Ce qui frappe avant tout dans Behind The Wall, c’est la cohérence d’un groupe qui assume pleinement son conformisme dans la construction de ses titres tout en réussissant à surprendre par l’étendue de sa musicalité. Big Mouth, Cracks, Dragons s’enchaînent avec une facilité déconcertante, chaque titre travaillant aussi bien la rythmique que les sonorités, montant progressivement en puissance comme une page blanche que le duo remplirait avec une évidence confondante. Human Jungle fait figure de virgule nécessaire, espace de respiration mesuré entre deux déflagrations. Et quand Distraction arrive, presque proche du punk dans son urgence répétitive, le mur de son qu’Edgär construit ici se termine dans une fin lente et saturée, magnifique tragédie rock.
Il y a chez Edgär ce côté populaire, accessible, qui rend leur spectre large sans jamais diluer l’essentiel. Le groupe n’intellectualise rien, ne cherche pas l’album de la décennie — et c’est précisément ce qui rend Behind The Wall si efficace. Master G est peut-être le seul moment où l’on sent le duo se perdre un peu dans des codes trop anglais, s’éloignant de leur signature initiale. Mais c’est une parenthèse vite refermée, tant Porcelain Roll vient clore l’album avec brio, gravant les mélodies du duo dans nos cerveaux une dernière fois. N’est-ce pas là la définition de la très bonne musique ?
Behind The Wall confirme qu’Edgär fait progressivement son trou dans la scène rock française, un album après l’autre, sans fanfare ni trompette — juste un rock enivrant qu’on ne se lasse pas d’écouter.
Nos coups de coeur : ENEMY, OUTSIDE
Note : 8.0/10
Arnaud Le Tillau
arnaud.letillau@quai-baco.com




































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