/// CHRONIQUES
Date d'ajout : 31-03-20

Juniore – « Un, deux, trois »

Définissant leur style comme étant du « yéyé noir », Juniore revient hanter nos oreilles au travers d’un nouvel album intitulé « Un, deux, trois ». Continuant leur démarche anachronique dans une pop rock au parfum de 60’s, le groupe continue de nous faire danser sur une musique toujours aussi enveloppante. Loin de céder aux sirènes d’une mode qu’il ignore, Juniore continuent de voguer à contre courant en nous proposant une musique toujours aussi brute et chaleureuse.

Juniore - "Un, deux, trois" : La chronique

Basses puissantes, batterie pleine d’écho, Juniore est dans la place dans une sobriété puissante avec ce premier titre « Soudain » qui nous en met plein la face. On retrouve avec bonheur cette voix à la féminité assumée et diablement enivrante d’Anna Jean. Montant en puissance dans un background tranquillement rock, les françaises nous entraînent dans une musique au groove doucement irrépressible. On se laisse envelopper par cette instrumentation faisant la part belle aux claviers et aux basses rondes. Toujours très à l’aise dans une pop 60’s, Juniore ouvre le bal grâce à ses claviers farfiza et ses guitares aux basses voluptueuses.

Avec Juniore, le groove n’est jamais loin et la musique scopitone envoie du bois pour un rendu exceptionnellement entêtant « Grave ». On se laisse embarquer dans cette musique de garçon manqué qui nous rappelle une fois encore les très bonnes heures du rock yéyé le suspens en sus. Avec un tact qui ne se dément pas, Juniore travaille un rock avec un sens de la mise en scène poussé qui donne à chacun de ces titres une impression de suspense cinématographique propre aux anciens film d’espionnages.

Baignant dans une pop 60’s, la musique de Juniore apparaît à chaque titre de plus en plus puissante. On est comme hypnotisés par cette pop aux ondes chaudes et sensuelles qui n’en fini pas de nous avaler tout cru. Travaillant dans une contrainte 60’s, les titres de Juniore réussissent à ne pas nous lasser grace à une capacité assez folle à puiser dans une instrumentation dantesque, les ressorts d’une composition aux mélodies envoûtantes. Proche du psychédélisme, Juniore fait de cette univers sa marque de fabrique en y apportant sa touche personnelle. On est bluffé par sa capacité à tracer son chemin dans un style que l’on pourrait croire épuiser.

De sa voix monocorde qui nous explose en tête, Anna Jean dessine avec précision un rock féminin qui fait mouche à tout les coups. Respectant une construction pop et rock , Juniore ne fait pas dans l’expérimental au niveau de la structure mais préfère travailler avec un sens de la nostalgie ou du beau 60’s qui fonctionne à merveille. 

Il y a chez Juniore un melange de Gainsbourg, d’Amy Winehouse et rock 60’s qui donne au tout une impression de grandeur rock. On retrouve dans cette musique la puissance des sous entendu au parfum de libération sexuelle de l’époque. On se laisse entraîner dans ces compositions au groove insistant, au refrains répétitifs où la danse n’est jamais loin. Jouant avec les 60’s comme peu de groupe savent le faire, Juniore nous emporte dans un univers aux textiles bariolés et au rock toujours très présent et analogique. Pas d’électro froide chez les français, mais une volonté de retrouver un rock collant et graisseux à la chaleur humaine et sans distance. L’utilisation de sonorités propre à cet époque fait pour beaucoup dans cette impression de plongeon dans les années 60, mais c’est un mélange superbement dosé entre sonorité et style qui donne au tout cette impression sans age.

Arnaud Le Tillau
arnaud.letillau@quai-baco.com


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