/// CHRONIQUES
Date d'ajout : 16-11-19

Dalton Telegramme – « Victoria »

On les avait quittés en 2015 après un premier album country folk plutôt réussi, on les retrouve 4 ans plus tard dans un nouvel album intitulé « Victoria » qui ressemble bigrement à un virage à 90°. Dans une pop variété les belges de Dalton Telegramme s’imposent dans des compositions superbement maîtrisées aux constructions variées et aux mélodies capiteuses et efficaces qui vite nous entêtent.

Dalton Telegramme - "Victoria" : La chronique

C’est pourtant dans une sorte de country folk à l’ambiance très 60’s que s’ouvre ce deuxième album. Pétillants dans leur approche sur ce « Victoria » éponyme, les belges dessinent une musique entre pop française et country américaine qui avec le très rockabily « Vol de nuit » resteront les 2 seuls morceaux possédant ce semblant de suite au logique au premier album. Avec un sens de la mélodie fin et un véritable talent de conteur, les belges esquissent une variété rock excessivement bien tournée. On se laisse prendre au jeu de cette musique multipliant les bonnes idées qui se plaisent à transformer l’éternel couplet-refrain en  une structure cinématographique possédant ses climax et ses moments plus calmes.

Avec une certaine malice sur « Ton Portrait », Dalton Telegramme donne à voir une pop douce et candide rappelant diablement le grand Alain Souchon. Avec une infinité de bonnes idées, les belges saupoudrent avec un soin rare une pop à la joyeuseté mélodique qui les voit esquisser une pop entraînante sans n’être jamais mièvre. Il y a dans cette musique une sorte de fausse naïveté extrêmement touchante et addictive. On aime de suite cette façon qu’ils ont de transformer chacune de leur composition en un hymne à une pop délicieusement ludique et diablement puissante.

On pense à Fred Jimenez (notamment sa très bonne collaboration avec Jean-Louis Murat pour  « A bird on a Poire ») sur le très bon « Lolita83 ». Jouant sur une pop aux bases feutrées, Dalton Telegramme dessine une musique à la virilité douce et touchante. Dans un mélange de variété et de pop , les belges touchent du doigt une justesse instrumentale. Avec l’arrivée de Fanny (Faon Faon) à la voix « Tout à coup – tout t’accuse », les belges diversifient grandement leur approche pop et s’ouvrent à de nouveau horizons. Diablement addictive, la musique de Dalton Telegramme dessine une sorte de pop saine et humaine possédant en son sein un mélodisme rare et entêtant. Avec un sens mélodique inné, ils construisent de véritables arabesques pop dont il est difficile de s’extraire.

Le spectre musical des belges est large et semble s’adapter à chaque style sans en dénaturer le sens profond. Dalton Telegramme nous bluffe de sa maîtrise d’une pop qu’ils réussissent à rendre alternativement proche d’une variété, d’un rockabily, ou d’une folk lumineuse. On est emporté par cette puissance qui ne cesse de se confirmer dans un album extrêmement cohérent. « Mon sanglot » est une synthèse de tout cet album, convoquant aussi bien Alexis HK que Saez, Souchon que Alex Beaupain. 

Avec une clarté rare, Dalton Telegramme nous propose des compositions travaillées et superbement construites loin des structures éculées. Faisant explosé une structure ronronnante, la variété pop de Dalton Télégramme touche du doigt un sens à part de la variété de qualité qui fait malheureusement défaut au sein du marché musical français. Assumant pleinement cette variété de très bonne facture, les belges s’imposent véritablement en fer de lance d’une variété qui peut s’avérée extrêmement entêtante et addictive. 

Arnaud Le Tillau
arnaud.letillau@quai-baco.com


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