/// CHRONIQUES
Date d'ajout : 04-10-13

Jay-Jay Johanson – « Cockroach »

Avec sa discrétion de dandy suédois, Jay-Jay Johanson continue de tracer sa route si particulière entre pop, jazz et trip-hop. Et ce n’est pas « Cockroach » qui nous fera dire le contraire. Ce nouvel album, c’est encore une fois un savant mélange des genres soutenant la voix si typique du crooner électro-pop. Un album tout en subtilité qu’il serait dommage de raté.

Sur « Cockroach », tout se joue sur des détails, une note, une nappe posée là, au moment opportun. Ce sont les légères cloches réverbérés de « The beginning of the end of us » ou encore le superbe arrangement de cordes de « I miss you most of all ». De petites choses qui font la différence et portent à merveille la voix de Jay-Jay Johanson.

Comme à son habitude, le suédois joue la transversalité en mêlant habilement électro, pop et jazz, comme sur « Coincidence » ou « Laura », belle ballade qui clôt l’album. C’est souvent tout en douceur, et parfois teinté d’une ambiance noire et inquiétante comme sur « Forgetyounot » et « Mr Fredrikson », le tout marqué d’un lyrisme comme seul Jay-Jay Johnson sait imprégner ses mélodies.

Les superbes « Orient Express » et « Hawkeye » sont représentatifs de ce mix tout en finesse et la seconde partie instrumentale de « Hawkeye » résume à elle seule le talent du suédois. On part d’une belle ballade pop très posée dans laquelle s’insinue lentement une rythmique tout en percussions, pour finir avec un arpéggio de synthétiseur au son écrasant. Une alliance électro-acoustique récurrente tout au long de ce « Cockroach » et qui fonctionne à merveille.

Certes, à l’image du titre « Antidote », on pourrait reprocher une froideur toute relative aux arrangements de cet album, mais Johanson parvient toujours à trouver le détail, la bonne mélodie qui fait la différence et qui s’infiltre lentement, insidieusement. Un minimalisme égrainé tout au long de l’album, à l’image du splendide « Dry Bones », reprise des Delta Rythm Boys. Avec cette cover vocale épurée entre rétro et modernité. Jay-Jay fait mouche, et c’est génial.

Ce « Cockroach » est donc une superbe réussite. Bien sûr, on est loin du Jay-Jay Johanson bidouilleur trip-hop « Low Fi » d’il y a 10 ans. Le son s’est affiné avec le temps et la précision s’est faite chirurgicale. Sûrement trop pour certain, qui passerons à tord à côté de ce nouvel album à la beauté à la fois complexe et minimaliste. Le genre de disque qui ne brille pas forcément à la première écoute distraite, mais qui prend toute sa valeur au fil du temps.

Marty Tobin
marty.tobin@quai-baco.com


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