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Date d'ajout : 19-12-17

Philippe Brach – « Le silence des troupeaux »

Connu pour son style déjanté, Philippe Brach nous revient au travers d’un nouvel opus intitulé « Le silence des troupeaux ». Mi-homme, mi-animal à l’image de cette pochette ambiguë, le québécois nous emporte dans un univers où les orchestrations grandiloquentes classiques et les approches à la sobriété rudes font bon ménage. Dans une atmosphère d’apocalypse il dessine un album concept excessivement bien ficelé et diablement addictif. 

Philippe Brach - « Le silence des troupeaux » : La chroniqueDans un premier titre en forme de bande son musicale, Philippe Brach nous prouve tout son art de la mise en scène et de la composition. Mélangeant sonorités rudes et orchestre aux harmonies d’épouvante, il nous happe dès les premiers accords et nous emporte dans un univers à la fois inquiétant et normal à l’image de cette pochette fantastique. Haletant, ce premier morceau dessine avec emphase une approche atypique et singulière d’une pop extrêmement fouillée.

Que de beauté dans ces orchestrations mélanges de pop et de musique classique! Philippe Brach nous sert une variété cousue main aux couleurs grandiloquentes qui ne cessent de nous emporter dans une approche au grandiose de rigueur. Classieux dans sa façon d’aborder la musique, ils trouve le moyen de nous faire trembler de ses compositions à l’angoisse palpable. Le québécois impressionne de sa maîtrise pop sur des titres comme « La Fin du Monde » ou « La peur est avalanche » aux mélodies vallonnées qui ne cessent de se transformer au fil du temps. Dans une approche presque conceptuelle, il nous délivre l’étendu de son art en maquillant avec précision une variété au grain rare et doux.

Aussi à l’aise dans la grandiloquence que dans l’intimisme, Philippe Brach en grand prêtre d’une chanson française pop rock nous propose des titres simples à l’acoustique très présente « Mes mains blanches ». Puisant dans une mélodie rare, il nous emporte dans des instrumentations sobres et rudes qui fonctionnent à merveille. On retrouve dans ces compositions un blues mélodique qu’il transforme peu à peu en pop orchestrale excessivement bien travaillée « Pakistan ». Puissante sans être assourdissante la pop folk de Philippe Brach joue sur une instrumentation fine pour nous donner les frissons. Grave et blues, les compositions du québécois possèdent une véritable âme et nous emportent dans un univers à la rudesse poétique, jouant avec les différences pour mieux les mettre en valeur.

Rappelant Dick Annegarn sur l’époustouflant « Rebound », le québécois nous souffle de la puissance de son charisme. Durant 1 minute il pousse sa mélodie sans filet avec un sens du rythme rare. Philippe Brach fait des merveilles avec peu de chose et dessine une pop nu sans artifice aucun. Il y a chez le québécois une épouvante sous jacente qui filtre au travers d’une musique classique prépondérante à la rudesse rare.

Dynamisant une musique classique extrêmement bien orchestrée, le québécois nous donne à voir sa vision d’un monde grave et destructeur dans un album concept superbement ciselé. Chez Philippe Brach la variété est synonyme de qualité. Dans  d’éclatante compositions, il fait vole en éclat l’approche classique d’une variété ronronnante pour lui ajouter ce supplément d’âme à la grandiloquence douce et effrayante. On est impressionné par la maîtrise et la puissance que développe le québécois dans un travail extrêmement fouillé.

Arnaud Le Tillau
arnaud.letillau@quai-baco.com


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