/// BIOGRAPHIES
Date d'ajout : 06-03-12

Miossec travaille avec le guitariste Guillaume Jouan

Miossec - Quai Baco

Christophe Miossec naît à Brest la veille de Noël 1964.

« Mon père  était sapeur pompier plongeur et ma mère était dessinatrice à l’arsenal de Brest. Plutôt un milieu prolo. Pourtant, nous partions en caravane pour des voyages insensés en Écosse, en Suisse, en Autriche, en Angleterre, à visiter tous les musées. Il y avait une volonté touchante de culture qui m’a beaucoup aidé. » (Le monde, 28/05/04)

Il grandit dans le Finistère en s’intéressant de près à la musique grâce au frangin qui passe les disques des Stones ou d’Hendrix en boucle.

Il a 14 ans quand il se met sérieusement à la musique. Il monte un groupe, Printemps noir, et répète à la maison. Sur scène, il change de peau en se maquillant, en se rasant la tête ou en s’affublant d’une coiffure pas possible.

Miossec est un ado équilibré chez qui la scolarité va de pair avec la pratique de la musique. Tantôt en classe littéraire, tantôt en concert dans la région de Brest, il fait son bonhomme de chemin en toute tranquillité. Le groupe compose près de 90% des chansons jouées. Un autre groupe, Goût de Luxe, reprend même quelques phrasés de l’une d’entre elles et sort avec « Les Yeux de Laura », un succès national. Preuve que les compos de Printemps noir sont de qualité.

Pourtant, en 1981, Christophe arrête brusquement la musique. Priorité aux études et aux petits boulots pour se payer un loyer. Il obtient son bac à 17 ans et intègre aussitôt la fac d’histoire de Brest.

Un début de carrière dans le journalisme

En parallèle de ses études, Miossec rédige quelques piges pour le grand quotidien régional Ouest-France. La rédaction de Rennes lui confie un espace critique dans les pages rock.

« A cette époque, j’allais vraiment tester les limites. Je me souviens d’un reportage sur les bars borgnes où j’ai ramené au journal des notes de frais de putes. » (Les Inrockuptibles, février/mars 2004)

Mais ni les bancs de la fac, ni les chroniques à Ouest-France ne le font vibrer. Il abandonne tout rapidement et monte à Paris où il enchaîne les boulots. Tour à tour peintre en bâtiment et vendeur-livreur, il devient correcteur pour une grande maison d’édition française avant d’être embauché par TF1 en tant que concepteur-rédacteur. Il tiendra deux ans et demi dans la chaîne privée, l’appel de la musique et de la Bretagne étant plus fort que tout.

1991, Miossec se dégote un petit gîte rural à proximité de Brest. Il achète du matos pour produire ses propres maquettes.

« Je travaillais sur mes maquettes comme un taré, dix heures par jour. Je me suis retrouvé en fin de droits. J’ai vu cette annonce dans Libération : ‘’Recherche journalistes à la Réunion’’. Je n’ai pas envoyé de CV, je suis partie le surlendemain, plutôt un bon canard. » (Hors-série Magic, Miossec, 2004)

Sur place, il est embauché dans les bureaux de la rédaction, à Sainte-Clotilde.

« Je faisais du surf et il y avait de très jolies filles. Ça faisait pas mal d’avantages pour un seul et même endroit. Je n’avais même pas de voiture. Je leur faisais croire que je passais mes journées en reportage alors que je restais chez moi et que je faisais toutes mes interviews par téléphone. » (Hors-série Magic, Miossec, 2004)

Rattrapé par la musique

Comme un bon nombre d’artiste dans l’âme qui n’ose pas se l’avouer, la musique vient rattraper Christophe. Il a alors une trentaine d’années. Il est dans une période de flou, entre dérive existentielle et le sentiment personnel d’avoir raté sa vie. Un terreau idéal pour écrire…

Miossec est dans le doute jusqu’au jour où il rencontre le guitariste Guillaume Jouan. Les deux hommes se lancent alors dans la production d’un album.

« On se connaissait depuis longtemps. Ce mec est d’une drôlerie insensée. Je lui ai fait écouter mes maquettes, qui représentaient une année et demie de travail. Guillaume a pris la direction musicale, en virant tout ce que j’avais fait auparavant. » (Hors-série Magic, Miossec, 2004)

Entre temps un autre homme rejoint les deux acolytes : Bruno Leroux, ex-collègue guitariste de Guillaume Jouan dans le groupe Les Locataires. Les trois compères pondent ensemble un disque abouti. L’instrumentation et les arrangements sont sobres, contrairement aux références anglo-saxonnes de Miossec. L’album s’appelle « Boire » et sort en avril 1995.

« J’ai fait ce premier disque dans une sorte d’inconscience complète, un je-m’en-foutisme absolu et délicieux. J’étais porté par quelque chose de viscéral. C’était du crachat, de la purge. L’idée forte de ce disque était de ne pas avoir de la batterie – l’instrument rock par essence – de transférer la tension dans autre chose, des guitares sèches, une voix. » (Le monde, 28/05/04)

L’album rencontre un succès rapide avec 90 000 exemplaires vendus. Miossec et ses musiciens partent en tournée-marathon dans toute la France. Le pari de se mettre à la chanson à 31 ans est gagné !

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