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Date d'ajout : 10-10-14

Michael Jackson, Freddie Mercury : duel au soleil

Les duos, inédits à ce jour, enregistrés par ces deux incroyables talents, Michael the King of Pop imberbe d’un coté, Freddie, la reine flamboyante et moustachue de l’autre, seront enfin commercialisés le 10 novembre (Universal).

La genèse. Contes et légendes de la Pop.

Michael Jackson, Freddie Mercury : duel au soleilMadison Square Garden 28 septembre 1980, le groupe Queen investit New York pour trois soirées consécutives dans ce lieu mythique. Tout groupe britannique rêve de consécration chez les cousins ricains, et cette série de concerts confirme leur immense notoriété.

L’album « The Game » est sorti trois mois plus tôt et le single tendance rockabilly, « Crazy Little Thing Called Love », fait mouiller les liquettes d’une Amérique déjà nostalgique du King Elvis, disparu trois ans plus tôt.

Back stage, on se bouscule. Un certain Michael Jackson, déjà auréolé de l’immense succès de l’album « Off the Wall », paru l’année précédente, leur rend visite car il adore cette musique riche d’harmonies vocales et de démesure.

Il leur parle de leur dernier opus et plus particulièrement d’un titre, « Another One Bites The Dust », qui l’a marqué : « Vous devriez la sortir en single, elle va cartonner ! », leur assène t-il.

Les musiciens sont dubitatifs car cette chanson ne doit sa place sur l’album que grâce à l’insistance de son créateur, le bassiste du groupe John Deacon. Elle est, en effet, bien trop âpre et éloignée de leur univers polychrome et chaleureux : la guitare créative de Brian May y est absente, hormis une si chaste et ennuyeuse rythmique funky, le chant est plus scandé que chanté et la batterie sonne plus proche d’une boite à rythme impersonnelle que de la caisse claire matinée d’une pédale Charleston si groovy, typique du son Queen.

Et pourtant, ils suivront son conseil et ce titre deviendra ensuite un succès mondial, réalisant le cross over parfait en étant en tête des diffusions à la fois sur les radios blanches et noires, fait exceptionnel à un endroit et à une époque de communautarisme très marqué.

Durant cette rencontre à New-York, Bambi propose à Freddie l’écriture d’un album commun, ce que ce dernier accepteraencouragé par les autres membres du groupe. Quelques mois plus tard, les sessions commencent au soleil de Los Angeles, au domicile de Michael.

Ils travaillent sur trois titres : « Victory », « State Of Shock » et « There Must Be More To Life Than This ». Et puis, silence radio. Rien ne se concrétise. Les chansons commencées ne seront jamais finalisées. Les deux stars évoqueront leur emploi du temps respectif surchargé pour expliquer ce projet avorté et cela restera la version officielle durant trente ans, jusqu’il y a quelques mois…

Jim Beach, le manager du groupe, révélera récemment qu’en fait Freddie, pourtant loin d’avoir le mode de vie d’un jésuite, vit mal le comportement étrange de Bambi pendant les sessions. Il le fait tout simplement flipper, le summum étant atteint le jour où il exige la présence d’un lama pendant les enregistrements.

Mon royaume pour un cheval. Freddie téléphone à son manager afin qu’il vienne l’exfiltrer au plus vite ! Mercury regrettera plus tard son coup de sang car sa participation, selon ses dires, aurait figuré sur Thriller, l’album aux 60 millions de galettes vendues !

« Victory » terminera donc sur l’album éponyme des Jackson 5 en 1984, « State Of Shock » sera enregistré finalement avec Mick Jagger. Quant à “There Must Be More To Life Than This », il sera publié sur l’album solo de Freddie (« Mr Bad Guy », 1985).

Il s’agit d’une balade un peu sirupeuse au texte naïf traitant de la violence humaine, mais à la ritournelle attachante et au chant gracieux. Elle ne rencontrera pas le succès pas plus que l’album dont elle est issue car Mercury en solo, non entouré voire bridé par ses acolytes, se perd dans ses excès, et vire souvent à la Folle de Chaillot.

Mais trente ans plus tard, les membres résiduels de Queen rendent un royal hommage à ces deux personnalités en finissant le travail laissé en friche et, ce, avec la contribution du producteur William Orbit.

Le résultat est poignant car la voix de Michael est d’une clarté limpide, rappelant son chant de jeunesse, bien avant le massacre physique et vocal des années ultérieures.

Une voix d’un enfant qui n’a pas mué, emmuré volontaire dans la quête d’un monde d’innocence dont il aura été privé et qu’il aura cherché en vain tout au long de son existence.

Ecoutez le chanter.

Arnaud Berreby – arnaud.berreby@orange.fr


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