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Date d'ajout : 19-03-12

Kool Shen écrit avant une session graff

Kool Shen - Quai Baco

Bruno Lopès, plus connu sous le nom de Kool Shen, naît le 9 janvier 1966 à Saint-Denis.

Il a des grands-parents bretons du côté de sa mère et portugais du côté de son père. Bruno a un frère, Gilles. La famille s’en sort plutôt bien avec les boulots des parents : papa est ouvrier dans le bâtiment et maman travaille dans une société de placements financiers.

D’abord le foot

Les frangins jouent au foot dès qu’ils peuvent. Les parents en sont ravis et rêvent d’une carrière footballistique pour leurs deux rejetons.

« Pour mon père, ça a été plus dur que j’arrête le foot que les études. » (kool-shen-93.skyrock.com)

Bruno se débrouille bien avec le ballon rond. Il joue à Pierrefitte puis Aubonne avant d’être repéré par le Racing de Colombes avec qui il évolue en cadets nationaux. Le RC Lens lui ouvre même les portes de son centre de formation. Mais Bruno refuse. Il a 15 ans et s’est découvert une autre passion : le hip-hop.

Ensuite la danse

Sa porte d’entrée dans le monde du hip-hop, c’est la danse. Le break plus précisément. Tout commence un après-midi de glande au Trocadéro. Ce jour-là, des danseurs Américains font une démo de breakdance. Bruno prend une grande claque. Il apprendra plus tard que Didier Morville, futur Joey Starr, était au Trocadéro ce même après-midi.

Joey Starr : « A la base, Bruno habitait dans une résidence, moi dans une cité et il y avait juste une avenue entre nous deux. Un jour, mon pote Kamel me parle de ce mec, Bruno Lopes, qui habite la résidence voisine. Bruno danse et il a un poste radio boom box pour s’entraîner, c’est mortel. Bruno a le poste, nous, les cassettes. L’histoire commence comme ça. Ensuite, il réussit à dénicher un grand bout de linoléum pour qu’on s’entraîne dehors, devant la cité. » (Mauvaise réputation, Joeystarr avec Philippe Manœuvre, Flammarion, 2006)

Si Joey opte pour le smurf, Kool Shen est définitivement tourné vers le break. Le rouleau de lino dans le métro, ils se rendent où il peuvent, dans les salles libres ou les parvis de lieux publics pour s’entraîner avec motivation. Ils font même quelques expéditions en province.

Si la danse remplit ses soirées à la cité, le jour, Bruno Lopès est un autre homme : il commence par suivre son père sur les chantiers puis intègre une agence du Crédit Lyonnais.

« Mon père avait travaillé avec ses mains toute sa vie. Travailler à la banque, c’était déjà grandir socialement. » (Libé, 24/06/04)

En 1984, Bruno part pour un premier voyage initiatique à New-York. Il danse aux côtés des City Breakeurs et ramène en France de nouvelles techniques.

« New York, j’y suis allé trois fois par an pendant vingt ans. Quand tu reviens, t’es gonflé à bloc, t’as envie de tout casser. » (technikart.com)

Toujours du graff

En parallèle de la danse, Bruno s’intéresse très tôt aux graffiti. Il passe d’une passion à l’autre. Quand il ne danse pas, il graffe, et vice-versa.

Joey Starr : « La peinture graffiti arrive à nous via un livre de géographie. A l’époque, Kool Shen connaît un mec qui va au lycée Paul-Eluard, en secondaire. Dans son livre de géographie, au chapitre Etats-Unis, il repère une petite photo d’un train de banlieue repeint de graffitis et tagué par des hip-hopeurs new-yorkais. Tout a commencé par cette illustration de la taille d’un timbre-poste. » (Mauvaise réputation, Joeystarr avec Philippe Manœuvre, Flammarion, 2006)

Bruno choisit son blaze, presque par hasard, après avoir dessiné un « S », un « H », un « E » et un « N » et trouvé que ça rendait bien graphiquement.

Avec Joey Starr, ils repeignent à temps plein les murs de la ville, les rames de métro, les trains… Ça devient presque obsessionnel : il faut laisser une trace, imposer sa marque.

Kool Shen n’envisage pas d’autres futurs que la bombe jusqu’au jour où il compose un premier texte chez lui avec Joey. Ils répèteront l’expérience plusieurs fois chez un ami commun, le DJ qui porte le nom de Concepteur Détonateur S. L’expérience devient vite une habitude : avant de partir en virée pour tagguer la ville, Kool Shen écrit. Ce sont les premiers balbutiements du groupe NTM.

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