/// CHRONIQUES
Date d'ajout : 11-01-18

Calypso Valois – « Cannibale »

Entendue précédemment sur 2 EP du groupe éphémère Cinéma, Calypso Valois nous revient cette fois-ci en solo dans un album fleuve aux singles largement diffusés ces derniers mois. Esthétique et ronde, la French pop que nous propose la demoiselle se plaît à enjamber les 80’s dans des compositions aux mélodies entêtantes jouant sur la corde de la fausse ingénue. Minimaliste et rigoureuse la musique de Calypso nous emporte dans un univers aux couleurs flashy et aux rythmiques dynamisantes.

Calypso Valois - « Cannibale » : La chroniqueC’est au travers d’un rock accrocheur aux reflets doux « Le Jour » que la jeune française ouvre ce nouvel album faisant le plein de claviers analogiques. Calypso Valois nous propose un premier titre à la variété sublimée . Émergeant dans une musique aux phrasés complexes et enivrants, elle transforme une pop exigeante en une ode electro rock aux accents populaires qui fonctionne à merveille.

Loin des schémas d’une avant garde en recherche constante d’une musique aux arabesques tournantes, Calypso réussit à inscrire ses expérimentation electro pop dans une approche simple et chaleureuse sans jamais tomber dans une complexité exhibitionniste « Cannibale ». Non chez Calypso la musique sent une classe naturelle, une volonté de toujours travailler chaque son dans un déluge pop intransigeant et diablement porteur. Rappelant beaucoup un William Sheller dans cette approche luxueuse et profondément humaine d’une pop rigoureuse et entraînante, la jeune Française signe un premier album fort.

Excessivement 80’s sur « La nuit » où les basses slappent et les guitares funkent, Calypso Valois transforme sa pop en une ode aux 80’s. Mais là où la nouvelle génération copie un style, Calypso en construit les contours avec bienveillance et fait de ce style un élément puissant de son univers. La pop de la demoiselle ne se laisse pas attendrir par le fameux « bon goût » commercial, au contraire travaillant chaque composition, elle ressuscite une variété à l’esthétique léchée sans jamais tomber dans le musicalement correct « En noir et Blanc ». En français dans le texte, Calypso dessine une pop prise d’assaut par la gente féminine à l’instar de Juliette Armanet ou Christine And the Queen. Avec un sens de la mise en scène rare elle développe de véritable BO dans un écrin au feutrée glaçant. Soufflant le froid et le chaud, elle multiplie les parties harmoniques et sobre pour mieux nous entraîner dans un univers à l’instrumentation puissante et travaillée.

Plus l’album avance et plus les titres se font fort et puissants à l’image de ce magnifique « Amoureuse » qui nous renvoie dans une pop gracieuse et pertinente. Délice d’instrumentation, Calypso soigne avec goût des compositions aux harmonies ne laissant rien au hasard. Il y a du Gainsbourg dans ces lignes de basses, dans ces mélodies entêtantes qu’elle multiplie avec une classe rare.

Douce et solennelle sur un album aux relents de BO des années 80 rappelant furtivement le grand Vladimir Cosma ou François de Roubaix la française se fait une joie de reprendre le style de son père avec une maîtrise frissonnante. On se laisse immerger dans ces titres tout en nuance qu’elle développe avec brio et tact. Musicalement au point Calypso Valois dessine une pop majestueuse et ludique qui la pousse de suite dans la cour des grands à grand renfort de synthés analogique.

Arnaud Le Tillau
arnaud.letillau@quai-baco.com


Copyright : Quai Baco Stimuli - Mentions légales - S'abonner - Contact Pro - contact@quai-baco.com - Quai Baco Production