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Date d'ajout : 24-04-12

Benjamin Biolay écrit Jardin d’Hiver pour Henri Salvador

Benjamin Biolay - Quai Baco

Benjamin Biolay naît le 20 janvier 1973 à Villefranche-sur-Saône, près de Lyon.

Son arrière-arrière-grand-père maternel est Joseph Opinel, fondateur de la célèbre coutellerie.

Mais la richesse de son ancêtre est vite écumée par ses enfants et petits enfants. Le père de Benjamin est agent de maîtrise à la Mutuelle nationale des Étudiants de France. La famille se déplace en 4L jaune et vit sur les 1 000 euros de salaire de son père.

C’est dans un HLM à Villefranche-sur-Saône que Benjamin et ses deux sœurs vont passer leur enfance.

Papa clarinette, fiston tuba

Même si le dessin est la première passion du jeune Benjamin, il se retrouve vite propulsé dans la musique, la faute à papa, clarinettiste amateur et membre actif de l’orchestre municipal.

Dès ses 5 ans, Benjamin commence à apprendre le violon, sans grande conviction. Mais contre toute attente, c’est finalement le tuba qui deviendra son premier instrument de prédilection.

« Un jour, les cuivres m’ont rattrapé : le tubiste de la fanfare est mort, il n’y avait plus personne pour jouer du tuba et j’ai donc été désigné. Un vrai cauchemar, cet instrument pas sexy, que les filles détestent et dont moi je déteste le son ! » (Les Inrocks, 19/6/01)

Même si Benjamin Biolay maitrise l’instrument à la perfection, c’est plutôt vers la musique punk et rock qu’il s’oriente au début de son adolescence. Mais le véritable déclic musical intervient lorsqu’il s’achète l’album « Aux Armes et Caetera » de Serge Gainsbourg. Benjamin l’écoute en boucle connaissant les paroles sur le bout des doigts.

Haute Résolution Sadique

A ses 14 ans, Benjamin monte son premier groupe, HRS pour Haute Résolution Sadique. Cette aventure lui permet d’appréhender de nouveaux instruments comme le piano, la basse et la guitare. Mais ce qui procure le plus de plaisir à Benjamin ce sont les techniques d’enregistrements. Il se passionne pour les magnétos à cassettes puis les 4-pistes. Malgré cette nouvelle passion, ça ne l’empêche pas forcément de faire le con avec ses camarades de l’époque !

« Avec mes copains, quand j’avais 14 ans, on allait faire un tour à scooter et on prenait l’autoroute à contresens pour voir si les poids lourds se dégageraient en premier. Notre décor habituel, c’était le McDo, le pétard dans la voiture et Bob Marley en musique de fond. » (Elle, 07/04/03)

En 1988, c’est avec son cousin qu’il monte un nouveau groupe dénommé Wind ?. Dans leur répertoire, on y retrouve les premières compositions de Benjamin mais également des reprises des Smiths avec notamment le mythique « Barbarism Begins At Home ».

Après le tuba, le trombone !

L’année suivante, Benjamin Biolay décroche une bourse et quitte Villefranche. Il intègre le Conservatoire de Lyon où il apprend le trombone. Instrument qu’il maitrise à merveille et qui lui permet d’obtenir deux premiers prix en 1990.

Mais devenir tromboniste, ce n’est pas forcément l’ambition du jeune Benjamin qui se voit plutôt devenir un futur Beatles.

« Mon but dans l’existence était d’être un Beatles, de réaliser un jour mon ‘’double blanc’’. Ce que je suis devenu est donc la résultante d’un échec. Il a bien fallu que je me rende à l’évidence : je n’étais pas anglais. Alors j’ai fini par accepter le français comme mode d’expression et recherché des repères. » (Biba, mai 2003)

Le Caladois décide alors de se mettre à composer en français. En 1992, l’un des paroliers de Liane Foly l’aide à réaliser sa première maquette mais impossible de convaincre la moindre maison de disques.

Du coup, Benjamin Biolay tente à nouveau de former un groupe. Cette fois ce sera Mateo Gallion. Ce groupe de rock sort un album live mais le succès n’est toujours pas au rendez-vous.

A force de persévérance

Finalement, c’est en tant qu’arrangeur que Benjamin Biolay va faire son premier pas dans l’industrie musicale. Après avoir rencontré Hubert Mounier de l’Affaire Louis Trio, il collabore avec le groupe sur deux albums.

En 1995, Benjamin quitte la région lyonnaise pour se rendre à Paris toujours en quête d’un contrat avec une maison de disques pour lancer sa carrière solo. Il lui faut attendre le mois d’octobre 1996 avant qu’EMI décide de signer le jeune chanteur/compositeur.

« J’ai signé un contrat avec EMI et j’ai enregistré deux-trois 45 tours. Ça marchait pas mal, mais j’étais prisonnier de ce contrat. Je m’y étais pris comme un âne. C’était trop tôt pour moi. J’avais bien une ou deux chansons mais elles n’étaient pas adaptées à ma voix, à ma tessiture. » (Métro, 26/05/03)

Comme à son habitude, Benjamin tente de rebondir en formant un nouveau groupe. Cette fois, il s’entoure de plusieurs amis rencontrés au Conservatoire : Victor, Karen et surtout, une certaine Keren Ann. Le groupe dénommé Shelby est un nouvel échec.

Avec son amie Keren Ann

Nouveau projet pour Benjamin : écrire un album solo pour Keren Ann. Les deux amis se mettent au travail et composent l’album « La Biographie de Luka Philipsen ». L’univers particulier du duo parvient difficilement à convaincre le grand public jusqu’au jour où ils composent la chanson « Jardin d’Hiver » pour Henri Salvador.

Cette chanson devient un tube incontournable dont le mérite est fréquemment attribué à la seule Keren Ann, chose qui ne plaît pas forcément à Benjamin Biolay.

« Quand les gens parlent de ce disque, Salvador en tête, j’ai l’impression de n’avoir été là que pour les arrangements… Je ne suis même pas remercié sur le disque. Salvador dit partout que Keren Ann avait su trouver les mots justes pour lui, alors qu’elle n’en a pas écrit un… Nos rôles d’auteur et de compositeur ont été totalement inversés, par la rumeur j’ai vite compris que Salvador ne pouvait pas m’encaisser, qu’il aurait préféré ne travailler qu’avec une fille. » (Les Inrockuptibles, avril 2003)

Malgré tout, dans le domaine professionnel, tout le monde reconnaît Benjamin Biolay comme un auteur/compositeur de talent. Grâce à ce succès, de nombreux artistes font appels à lui comme Isabelle Boulay ou Bambou.

Cette soudaine notoriété lui permet alors de sortir en 2001 son premier album solo, « Rose Kennedy ». Cet album concept est immédiatement salué par la critique. En mars 2002, il reçoit une Victoire de la musique dans la catégorie « Album découverte de l’année ».

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