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Date d'ajout : 17-07-12

Audrey Jungle est interviewé(e) par Quai Baco

Audrey Jungle - Quai Baco

Audrey Jungle, c’est frais, c’est poussif, c’est festif, mais ce n’est malheureusement pas encore en boucle sur les radios nationales.

Qu’à cela ne tienne, Quai Baco est allé à la rencontre de ce groupe de rock pimenté et vous propose une interview découverte à rallonge pour tout savoir sur cet ovni de la scène rock indépendante.

 

La fiche ID

Pseudo : Audrey Jungle
Genre musical : Rock piment (rock alternatif)
Origines : Argentine, Mendoza
Discographie : Versus, 2010, Believe / Même pas peur, 2012, Believe (à paraître)

 

Le groupe

Audrey Jungle chanteuse - Quai BacoPour l’internaute qui n’a jamais entendu parler de vous, Audrey Jungle, c’est qui, c’est quoi ?

C’est un groupe de rock fondé par un duo franco-argentin qui fait du « rock piment ». C’est le nom qu’on nous a donné spontanément dans les critiques. Piment par l’attitude sur scène comme par les textes et la musique des chansons. Audrey Jungle, c’est de la fureur, une pincée de folie, une bonne dose de sensualité, beaucoup d’énergie et un savant mélange franco-argentin. Ça donne un rock assez sanguin !

Qui compose le groupe ?

Heber (Argentin, originaire de Mendoza) est le guitariste et compositeur, Federico (Argentin, originaire de Puerto Madryn) est notre bassiste, et Victor (Français) est notre batteur depuis peu. Quant à moi j’écris les textes, je chante et je joue un peu d’harmonica.

Pourquoi ce nom « Audrey Jungle » ?

L’idée était de garder un prénom tout en restant sur un nom de scène. Le mot jungle nous est venu parce qu’il ressemble à mon vrai nom de famille et surtout parce qu’il représente bien la jungle dans laquelle on est actuellement : qu’il s’agisse du milieu de la musique, de la vie urbaine dans les grandes mégapoles ou simplement de la vie de l’homme moderne, assez seul et désemparé finalement.

Un petit topo sur l’histoire du groupe ?

Je suis partie en 2005 vivre en Argentine. J’y ai rencontré Heber en 2007, complètement par hasard, dans un appartement en colocation à Buenos Aires où Heber était de passage. On a commencé à parler musique et l’idée de faire un groupe est venue spontanément. Quelques semaines plus tard, j’emménageais à Mendoza, où Heber habitait, et on débutait avec notre premier groupe Comédie. Puis on a changé vers un projet plus rock : Audrey Jungle était né.

Pour évoluer professionnellement, il fallait revenir en France, en 2009. On a eu beaucoup de mal à s’acclimater à Paris, au sens propre comme au figuré. En 2010, on a pu enregistrer et commercialiser notre premier EP « Versus », qui a reçu de bonnes critiques dans les médias sans aucune promo ! Cet accueil nous a agréablement surpris, et quelques mois plus tard iTunes nous sélectionnait dans sa compilation « Rock français : la nouvelle génération » aux côtés de Shaka Ponk, BB Brunes, Lilly Wood and the Prick… Là, on a carrément halluciné ! Les festivals et les salles ont donc tendu l’oreille…

Versus Audrey Jungle - Quai Baco

Audrey Jungle s'est fait connaître en publiant l'EP Versus en 2010

Comment ça se passe entre vous ? Vous répétez où ?

On répète en acoustique chez nous dès qu’on peut et on a d’ailleurs décliné tout notre set en acoustique. Mais pour des raisons de voisinage, on répète en formation rock dans des studios, souvent au Luna Rossa. C’est un vrai souci à Paris : il est impossible de jouer chez soi. Vanina Paoli, la présidente de la chambre syndicale des métiers de la musique, disait « Que doit-on penser d’une société qui préfère le bruit des télévisions à l’apprentissage musical ? Sachant que les citadins représentent les trois quarts de la population française, faut-il ainsi favoriser le repli sur soi ? ».

Comment composez-vous ? Qui, où, comment ?

En général, Heber compose et j’écris les paroles. Soit on part de sa musique, et j’adapte des paroles que j’ai déjà écrites, soit il arrive que ce soit l’inverse, comme pour le titre Poète ou marchand d’armes. J’ai parfois des idées de composition, comme pour Les pieds sales ou What’s wrong, mais c’est Heber qui retranscrit alors l’idée en partition et on passe d’un brouillon chantonné à une vraie composition. J’ai toujours un carnet où je note des idées, des phrases, et quand j’ai des mélodies je les enregistre sur mon portable à l’arrache, vraiment partout…

Heber : Pour les chansons, je me base sur des idées qui me viennent et que j’enregistre au fur et à mesure, qui évoluent, sur lesquelles je reviens ensuite au niveau des harmonies. Après, les ponts, les breaks et les solos s’accommodent en fonction des paroles.

 

La musique d’Audrey Jungle

Sur scène, Audrey Jungle, ça donne quoi ?

On est avant tout un groupe de scène, conçu pour la scène. On joue beaucoup avec l’énergie : celle des chansons, celle du public, celle qu’on se transmet entre nous sur scène. Et surtout, on tient à garder une certaine spontanéité. Les concerts où la mise en scène est strictement la même d’une ville à l’autre, très peu pour nous. Notre spontanéité dans la gestion de l’espace, dans l’interaction avec le public a toujours payé et les gens nous le disent souvent après les concerts. On ne feint pas, on ne surjoue pas et on essaye de partager ce qu’on ressent sur scène avec le public, de le faire participer. Au fur et à mesure, on améliore l’aspect visuel du spectacle. Catherine Ringer, Nina Hagen ou plus récemment Izia sont sur scène des chanteuses dont je me sens proche.

Audrey Jungle en live - Quai Baco

Comment qualifieriez-vous votre musique ? En quoi est-elle différente des autres ?

En Argentine, on nous dit que notre rock est très frenchy. En France, on nous dit qu’il est très latin ! C’est vraiment cette fusion française et latine qui caractérise le « rock piment ». C’est festif, mais pas que. C’est rythmé, en français et en espagnol (Intrepidamente descarrada), enjoué (Les pieds sales), mais aussi plus lourd (What’s wrong) et sombre (Le point virgule). C’est parfois un peu folk, mais quelque soit la couleur, la base est le rock.

Que pensez-vous de la scène rock française d’aujourd’hui ?

Audrey Jungle live - Quai Baco

En Angleterre, ils ont les Arctic Monkeys et nous en France, on a les BB Brunes. Je crois que c’est un bon résumé ! Il y a des groupes qu’on adore comme Dionysos, Eiffel ou Ladylike Dragons (dont on a eu la chance d’assurer une 1ère partie), mais en-dehors d’eux, ça reste réduit pour le rock. Le public français préfère la pop ou la variété je pense, c’est d’ailleurs peut-être pour ça qu’on a plus de succès en Argentine où la culture rock est beaucoup plus présente. En France, la radio passe de la soupe internationale et le public écoute facilement du Superbus. C’est à l’opposé de ce qu’on aime.

Quels messages voulez-vous faire passer dans vos textes/votre musique ?

On tient à ce que le public comprenne les paroles. La moitié des paroles des groupes de rock anglophones ne tiendraient pas la route si on les traduisait en français. Je pense qu’il y a une certaine facilité à écrire en anglais. On peut se cacher, dire des trucs complètement cucu la praline et ça passe quand même ! C’est pour ça qu’on écrit en français et en espagnol.

On parle souvent de la marginalité (Poète ou marchand d’armes), de la vie d’artiste (C’est pas une vie), de l’audace pour ne pas se contenter d’une vie trop rangée, d’une certaine rébellion ordinaire en fait. Celle qui nous dit que la vie c’est maintenant, et que c’est pas une assurance vie qui nous mettra à l’abri des cas de conscience ou des regrets plus tard. On a des titres comme 24 ans ou Serait-ce les averses ? qui encouragent une jeunesse d’esprit et un certain stoïcisme face aux évènements douloureux de la vie. Enfin, on parle aussi de l’orgasme (Je cherche le sol). C’est très éclectique !

 

La carrière d’Audrey Jungle

Un petit mot sur Versus ?

Versus Audrey Jungle pochette - Quai BacoUn EP de 4 titres, très rock, avec du violon électrique, qui a donné le coup d’envoi du groupe en France. Il est distribué par Believe et disponible sur iTunes.

On l’a intitulé « Versus » car tous les titres parlaient d’une attitude inverse au conformisme. C’est donc le fait d’être à contre-courant qui nous a inspiré pour la pochette, dont la photographie est d’Heber himself, en laissant planer une réminiscence de Nirvana.

On a entendu parler d’une tournée incroyable en Argentine… Vous pouvez revenir dessus un peu ? Quel fut l’accueil ? Pourquoi ça a aussi bien marché là-bas ?

Alors là, c’était la folie ! On est parti en Argentine en avril dernier pour la promotion de Versus. On ne savait pas du tout à quoi s’attendre, et tout s’est enchaîné super facilement. On était les premiers surpris par tant d’enthousiasme ! En à peine 3 semaines, en plus des concerts, on a fait 5 showcases et interviews sur des radios FM, 3 interviews pour des journaux et 1 plateau télé ! A chaque fois, les critiques étaient dithyrambiques. On s’est demandés pourquoi on revenait en France honnêtement.

Et le clip « Je cherche le sol ». C’était quand ? Dans quel contexte ? Réalisé par ?

Dans cette euphorie générale en Argentine, on a tourné notre premier clip, sur le titre Je cherche le sol, extrait de Versus, la fameuse chanson qui parle de l’orgasme, la note sol se notant « G » en musique (toute une double lecture !). On l’a fait juste après notre plateau télé, sur le toit de la maison ! On a eu la chance de travailler avec Luis Guiñazu Fader, croisé au hasard d’une radio, qui a su capter l’esprit de la chanson dans sa manière de filmer. Ça faisait des mois qu’on cherchait à faire un clip et c’était toujours compliqué. Lui, en 2h, il nous a fait exactement ce qu’on attendait !

La suite, c’est quoi ?

Cet automne, on sort un nouvel EP de 4 titres, pour lequel on a été lauréat Paris Jeunes Talents Musique 2012. C’est encourageant de pouvoir être subventionné pour un projet musical, c’est un peu un signe de reconnaissance. Cet EP s’intitule « Même pas peur », car ça résume bien notre attitude dans la musique comme dans la vie. Il est réalisé par Valentin Montu (Robin Leduc, Brune, Mansfield TYA) avec qui on pense aussi travailler pour l’album à venir. Cet EP est assez « désert poussiéreux du far west ». Ça rappellera un peu l’Argentine finalement : des guitares un peu cow-boys, un soleil rasant, une sensation de lointain et une mélancolie chaude et lancinante… mais avec du rock.

Enfin, pour finir, comment imaginez-vous votre futur déclic musical, ce moment où la carrière d’Audrey Jungle explosera ?

Ce qui nous manque, c’est juste de pouvoir déléguer la partie non musicale de la tournée : la gestion du booking, l’administratif, la prospection. Car au final, si on avait un tourneur, on pourrait se consacrer davantage à la musique et à ce pourquoi on fait ce métier. Après, évidemment, signer avec une maison de disques, ça reste le sésame. Mais le tourneur serait déjà un énorme coup de pouce.

Allez, une dernière question : un message à faire passer ?

Heber : Il faut que le public soutienne les groupes de rock indépendants ! Il faut éviter de tomber dans le conformisme et d’écouter seulement ce qui est servi massivement par les grandes maisons de disques.

Audrey : Faire du rock, ce n’est pas juste faire un style de musique, c’est surtout une attitude. Ça sert à rien de vouloir « être un rockeur » si on a rien à dire !

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