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Date d'ajout : 07-02-12

Asa rencontre son alter ego Cobhams Emmanuel Asuquo

Asa

Asa, de son vrai nom Bukola Elemide, est née à Paris en 1982. « Asa » signifie « petit faucon » en yoruba, un surnom attribué pendant l’enfance et devenu pseudonyme de scène.

« Petite, je suis sortie de la maison et je me suis égarée. Mes parents se sont inquiétés, même si ce n’était pas la première fois que je disparaissais. Ça a duré des heures, tout le quartier me cherchait. Je suis réapparue au bras d’une vieille femme qui m’avait trouvée à des kilomètres de là. Dans l’excitation qui a suivi, on m’a rebaptisée Asa, parce que j’étais agitée et rapide, capable de changer très vite de direction, comme le faucon. »

Le petit faucon ne restera que deux ans à Paris. Ses parents retournent travailler au Nigéria et s’installent à Lagos, une ville surpeuplée pleine d’énergies et d’influences diverses.

Femme au foyer et star imaginaire de la musique

En famille, la petite Asa a fort à faire avec ses trois frères et des parents souvent absents à cause du travail.

« Avant d’aller à l’école, je devais être debout dès 5 heures pour aller chercher de l’eau, aider à la cuisine et faire le ménage. Ma mère m’a avant tout éduquée pour devenir une mère de famille. Elle m’a dit : ‘’Tu dois grandir vite.’’ Ce n’était vraiment pas drôle : les autres jouaient et moi je faisais la cuisine, je nettoyais et je m’occupais de mes petits frères ! Apprendre a été le leitmotiv de mon enfance. Apprendre à préparer l’avenir. Apprendre à être une femme. » (Revue pour l’intelligence du monde, 03/09)

Heureusement, la musique est présente à la maison grâce aux vinyles de son père et la future artiste s’en servira d’échappatoire. Car la jeune Asa est une enfant solitaire, souvent triste et plutôt mal à l’aise dans le costume de l’adolescence. Elle se réfugie dans un monde imaginaire où, affublée d’une perruque empruntée à sa mère, d’un tube de crème en guise de micro et libérée du regard des autres, elle reprend les standards de Michael Jackson et Bob Marley en saluant une foule imaginaire.

« Je me mettais souvent en scène, à faire des spectacles dans ma chambre ou à donner des interviews. Dans ce monde imaginaire, je pouvais parler à mes interlocuteurs avec confiance et assurance. Dans la vraie vie, tout le monde se moquait de moi. Il faut dire que j’étais un peu bizarre. Je parlais toute seule, j’imaginais qu’une boîte devant moi était un journaliste, et on avait une conversation, on parlait des problèmes du monde…» (liberation.fr, 06/11/07)

Asa s’est donc rapidement passionnée pour la musique. Une passion devenue obsession. Il fallait par exemple qu’elle arrive la première à l’église pour avoir une chance d’approcher le micro. Et elle pleurait si, par malheur, elle n’avait pas la chance de pouvoir le tenir dans ses mains ne serait-ce que quelques secondes.

L’émancipation, enfin

Elle a 13 ans quand sa mère l’envoie dans une des meilleures écoles du pays. Elle quitte son quartier de Festac Town pour rejoindre la ville de Jos. Sa scolarité là-bas dure 5 ans. Asa y étudie consciencieusement, ravie de quitter enfin le carcan familial. Pourtant, les conditions de vie y sont assez difficiles. Il n’y a rien à manger, à peine une gamelle pour vingt lycéens, et les élèves doivent se laver à l’eau glacée.

Elle retourne à Lagos à l’âge de 18 ans et tente une année à l’Université, section Théâtre, Musique et Arts. Mais elle jette son dévolu pour la Peter King’s School of Music où elle apprend la guitare en seulement six mois.

En 2002, elle aurait pu continuer ses études, mais elle décide d’aller « se tester dans la rue et en concert, rien de tel pour affronter la réalité. » En solo, elle reprend alors Bob Marley, « un auteur fétiche » et Nina Simone, « une voix surnaturelle ». Asa se compose surtout un répertoire encré dans le folk. A tout juste 20 ans, elle vit déjà, tant bien que mal, de sa voix.

« Je ne gagnais pas beaucoup d’argent, mais j’étais sur scène ! Avec un vrai micro, à chanter devant des gens qui m’écoutaient. J’étais devenue une pro ! Et j’ai adoré ça. Tant pis pour l’argent et les moqueries. Je voulais cette liberté. Il a fallu que je me batte pour l’atteindre. La tradition chez moi veut qu’une fille se marie quand elle est grande. Pas qu’elle fasse comme les garçons. Dans mon pays, on pense que les filles qui se lancent dans la musique sont indécentes, voir même qu’elles se prostituent. Il y a plein de préjugés sur les musiciennes, elles ne sont pas pleinement acceptées. »

C’est en étant sur scène qu’Asa s’entoure de gens bénéfiques pour sa carrière. Janet, sa manageuse, lui présente Cobhams Emmanuel Asuquo, un arrangeur talentueux qui deviendra son alter ego. Avec ce jeune Lagotien, aveugle et multi-instrumentiste, elle trouve enfin ses marques. Asa, le petit faucon musicien, était renfermée dans son monde imaginaire, jusqu’au jour où elle a rencontré Cobhams Emmanuel Asuquo.

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