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Date d'ajout : 02-03-12

50 Cent se fait recruter par Eminem

50 Cent - Quai Baco

Curtis Jackson, a.k.a. 50 Cent, naît le 6 juillet 1975 dans le Queens, à New York. Sa mère n’a que 15 ans à la naissance.

La petite enfance de Curtis est loin d’être paisible. Il n’a jamais connu son père et sa mère, Sabrina Jackson, d’origine haïtienne, vend de la drogue pour survivre.

 

 

« Elle dealait pour nous offrir toutes les bonnes choses de la vie. Je me souviens que quand j’étais avec elle, tout était facile, parce qu’elle pouvait tout s’offrir. La seule contrepartie, c’est qu’elle n’était pas souvent là. Je passais beaucoup de temps chez mes grands-parents, à la moindre occasion. » (50 x 50, autobiographie, 2007)

En 1983, un inconnu drogue le verre de Sabrina. Elle est laissée inanimée dans son appartement avec des pilules d’ecstasy entre les orteils, le gaz ouvert et les fenêtres fermées.

« Tout d’un coup dans ma tête, si quelque chose allait de travers, c’était parce qu’elle n’était plus là. Même s’il s’agissait d’une banale averse. Je m’asseyais à la fenêtre en colère, et je ruminais : ‘’Si ma mère était là, il ne pleuvrait pas aujourd’hui.’’ Mais surtout, toutes les bonnes choses de la vie, ce n’était plus pour moi. Et je me rendais compte à chaque instant de ce que j’avais perdu. » (50 x 50, autobiographie, 2007)

50 Cent n’a que huit ans à la mort de sa mère. Il part vivre chez ses grands parents où l’effervescence règne entre les cousins, les oncles et les tantes.

 « Mes grands-parents avaient neuf enfants, alors la maison était toujours pleine de gosses, sans parler des voisins, comme Gregory Lee, qui était comme mon frère. Ma grand-mère m’a toujours réservé un traitement de faveur. Je dirais qu’elle m’a donné moitié moins de fessées qu’à tous les autres gamins de la maison, et elle en décochait pas mal. » (50 x 50, autobiographie, 2007)

A 11 ans, le jeune Curtis, qui joue déjà au basket, se met à la boxe. Il participe même aux Junior Olympics dans la catégorie amateur. Son rêve est de combattre dans le tournoi des Golden Gloves, mais les organisateurs lui refusent l’entrée à cause de son jeune âge.

L’année suivante, 50 Cent n’a que 12 ans lorsqu’il se met à dealer du crack pour s’acheter les dernières chaussures à la mode. Il devient un vrai petit caïd.

« On nous impose des choix de vie sans que nous nous en rendions compte. Par exemple, on va donner une poupée à une petite fille pou qu’elle joue à la maman. Aux petits garçons, on va donner un camion de pompier comme symbole de sa carrière future. On m’a donné un pistolet. Comment faire pour ne pas assimiler ces jouets d’enfant à des symboles de bonheur adulte ?  A l’époque, le milieu de la drogue ne m’a pas paru être une option parmi d’autres. C’était la seule.» (Vérités décembre 2003)

A la place des livres et des cahiers, le jeune Curtis a des armes, du crack et de l’argent dans son sac d’écolier. Il se fait une première fois arrêter à cause d’un détecteur de métal au lycée. C’est l’un de ses premiers séjours en prison.

Le boot camp du rap

Le 29 juin 1994, 50 Cent est de nouveau arrêté pour avoir participé à la vente de quatre ampoules de cocaïne à un officier de police en civil. Trois semaines plus tard, la police fouille son appartement et découvre de l’héroïne, 280 grammes de crack et un pistolet pour starter. Il risque jusqu’à neuf ans de prison, mais obtient un compromis : six mois dans un boot camp, un camp de redressement à la discipline de fer.

« On était encadré presque uniquement par d’anciens militaires. On se réveillait à 5 heures du matin, avant même le lever du soleil, et ils nous faisaient faire un entraînement intensif : plusieurs kilomètres de footing, des pompes, des redressements assis et toutes sortes de sauts » (50 x 50, autobiographie, 2007)

Curieusement, alors que le jeune Curtis n’avait jamais vraiment envisagé une carrière dans la musique, le rap vient toquer à la porte pendant cette période de redressement disciplinaire.

« Pendant ces six mois, j’ai passé beaucoup de temps à ne pas faire grand-chose, alors mon esprit se baladait. Il finissait en général par se fixer sur le même sujet : le rap. Pour moi, la musique n’avait jamais vraiment été autre chose que qu’un simple passe-temps. Mais pendant ces longues journées, j’ai commencé à enchaîner les mots dans ma tête, ce qui ne m’était pas arrivé depuis que j’étais gamin. » (50 x 50, autobiographie, 2007)

La main tendue de JMJ

En 1996, Curtis rencontre Jam Master Jay, le DJ de Run DMC (qui sera assassiné dans son studio en octobre 2002).

« Quand j’ai rencontré Jam Master Jay, je n’avais encore rien écrit, je ne connaissais rien à la musique, je ne savais même pas ce qu’était une mesure. Mais j’ai pris l’air de celui qui savait ce qu’il faisait. Jay me connaissait de réputation. Je pense que c’est pour ça qu’il m’a donné un enregistrement de beats en me demandant d’écrire quelque chose dessus. » (50 x 50, autobiographie, 2007)

Le résultat est loin d’être professionnel mais le DJ apprécie l’enthousiaste du jeune rappeur. Il lui donne une chance en lui offrant la possibilité d’enregistrer et de signer sur son label, JMJ Records.

A cette époque, Curtis est encore surnommé Boo Boo. Il choisit comme nouveau pseudo « 50 Cent », en référence au surnom de Kelvin D. Martin, un criminel de Brooklyn des années 80.

« Petit et aigri, il était connu dans tous les boroughs comme étant le braqueur le plus haineux de la fin des années 80. Quand vous le voyiez, vous saviez que quelqu’un allait devoir faire une croix sur ce qu’il possédait, que ce soit du fric, des bijoux ou de la drogue. » (50 x 50, autobiographie, 2007)

L’engagement grandissant de 50 Cent dans le hip hop a une répercussion positive sur l’hygiène de vie du dealer.

« La chose la pus importante que Jam Master Jay ait faite pour moi, c’est de me convaincre d’arrêter de dealer. Il ne m’a pas vraiment mis la pression, il m’a simplement dit : ‘’Je ne veux pas de cette énergie négative autour de moi, et si tu veux vraiment t’y mettre, il faut vraiment t’y mettre. (…) Alors j’ai arrêté du jour au lendemain. J’ai mis tout mon fric de côté et je me suis débarrassé de tout ce que j’avais, pour consacrer 100% de mon temps à la musique. » (50 x 50, autobiographie, 2007)

En 1997, la naissance de son fils finit de convaincre 50 Cent. Place aujourd’hui au rap, et rien d’autre que le rap.

Un premier album et deux tentatives d’assassinat

50 Cent apparaît pour la première fois sur un disque en 1998. Le p’tit nouveau dans le milieu pose son flow sur « React » un titre de l’album « Shut ‘Em Down », du groupe Onyx.

En parallèle, 50 Cent et son ami Jam Master Jay collaborent. « Fifty » apprend le métier et finit par enregistrer un album en studio, un album qui ne sortira jamais dans le commerce.

En 1999, Jay et Curtis mettent un terme à leur collaboration. 50 Cent signe chez le label Trackmasters et travaille sur son premier album « Power of the Dollar ».

Un des titres, « How to rob », accusent personnellement certains rappeurs connus et décrit comment s’y prendre pour les voler. Ce n’est pas au goût des principaux concernés. Certains montent une opération vendetta et 50 Cent frôle la mort en se faisant poignarder dans les rues de Manhattan.

Le 24 mai de l’année suivante, il échappe à une seconde tentative d’assassinat. Ça se passe devant la maison de ses grands-parents. Il est criblé de balles à neuf reprises par un 9 mm.

Direction les urgences où l’infirmière a comme premier réflexe de vérifier les empreintes plutôt que de panser les plaies.

« Ils voulaient me sauver, bien sûr, mais il y a une procédure. Si tu arrives aux urgences avec des blessures par balles, les médecins se demandent si d’autres gars ne vont pas débarquer avec des flingues. Ils n’ont pas envie de transformer les urgences en bain de sang. Alors ils se renseignent pour savoir s’ils ont juste un gars qui s’est fait tirer dessus ou un gars qui a participé à un règlement de comptes. » (grioo.com)

La tentative d’assassinat pousse la maison de disques, Columbia Records, à ne pas sortir l’album « Power of the dollar ». L’artiste est jugé trop controversé.

50 Cent se retrouve seul. Les producteurs, les labels, les maisons de disques, plus personne ne veut de lui. Il ne trouve même pas un studio pour travailler.

Le come back en force

Les deux années qui suivent l’agression ne sont pas improductives pour autant. 50 Cent monte le collectif G-Unit avec Tony Yayo et Lloyd Banks. Si Tony Yayo est incacéré quelques mois plus tard pour détention d’armes, il est remplacé par Young Buck.

Grâce au collectif, 50 Cent refait surface petit à petit. Jusqu’au jour où, en 2002, il sort la mixtape « Guess Who’s Back » qui finit dans les mains de Paul Rosenberg, un des managers d’Eminem. Le rappeur de la côte Ouest est emballé, il veut absolument faire signer le new-yorkais et le fait savoir sur les médias américains. Dès lors, d’autres producteurs sont intéressés ; les propositions affluent.

« ‘’Eminem et Dre se sont intéressés ? Alors moi aussi !’’. J’ai eu des offres qui montaient jusqu’à 1,6 millions de dollars ! Mais j’ai choisi le deal avec Shady Records/Aftermath pour un million de dollars. Ceux qui proposaient plus ne pouvaient pas s’aligner en terme de créativité. Em’ et Dre, c’est la dream team. » (grioo.com)

50 cent sort dans la foulée une mixtape, « No Mercy, No Fear ». Une des pistes, « Wanksta », fait partie de la bande originale d’8 Mile, le film sur la vie d’Eminem.

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